Les défis de l’heure

L’amélioration des congés de maternité

D’énormes progrès ont été réalisés depuis 1957, année où l’AEFO a négocié une première entente sur les congés de maternité, entente qui permettait aux femmes enceintes de prendre congé (sans aucune rémunération) plutôt que d’être contraintes de démissionner de leur poste. Toutefois, en dépit des changements législatifs et des améliorations aux conventions collectives, la grossesse a encore des répercussions négatives sur la carrière des femmes. Celles-ci paient encore une pénalité financière lorsqu’elles prennent un congé de maternité. L’AEFO continuera de réclamer des améliorations à ce titre.

L’engagement des femmes au sein de l’AEFO

En dépit des efforts consentis par l’AEFO depuis 1975 pour rehausser la participation des femmes aux diverses instances du syndicat, il reste beaucoup à faire pour que le taux de participation des femmes soit proportionnel à leur nombre.

D’autres enjeux

Selon l’envergure que l’AEFO choisira de donner à sa mission sociale, bien d’autres enjeux qui touchent particulièrement les femmes pourraient mériter son attention, par exemple, la pauvreté chez les femmes, la place des femmes en politique, ou encore l’éducation des filles comme outil de changement social dans le monde. À suivre.

Les femmes à l’AEFO

L’engagement syndical

atelier de la femme sudbury 22 octobre 1977Autant l’AEFO revendique l’équité en matière d’emploi pour les femmes qui sont ses membres, autant elle cherche à assurer une représentation équitable des femmes au sein de ses propres structures.

Dès 1975, le Comité de la femme mène diverses initiatives pour susciter la participation active des femmes à leur syndicat. Il met en place un réseau de personnes contacts chargées de promouvoir les dossiers liés à la condition de la femme dans les unités. Ces personnes reçoivent de la formation et divers outils pour les aider à s’acquitter de leurs responsabilités.

atelier congres mars 2002L’AEFO cherche par plusieurs moyens à augmenter la participation des femmes au congrès provincial et à susciter la candidature de femmes aux postes élus. Elle prend des mesures pour augmenter la participation des femmes au conseil d’administration et au sein de ses comités, notamment en négociation. Elle tente de faciliter la participation des femmes aux activités syndicales en remboursant les frais de garde d’enfants.

Dans une certaine mesure, les initiatives ont porté des fruits. De 25 % en 1978-1979, la proportion de femmes au conseil d’administration augmente à 50 % en 1993-1994, et se maintient à peu près à ce niveau depuis.

Les délégations au congrès annuel sont composées à peu près également de femmes et d’hommes depuis plusieurs années.  

Toutefois, malgré tous les efforts, les femmes n’occupent pas encore au sein du syndicat une proportion des postes de leadership équivalente à la proportion de 75 % des membres qu’elles constituent. En 2013, les femmes n’occupent que 38 % des postes au comité exécutif et constituent la moitié des présidences d’unité. Si le personnel cadre du bureau provincial compte en 2013 une majorité de femmes, seulement trois des 10 agentes et agents d’unité sont des femmes.

Le développement du leadership par la formation

Dans le but de susciter un plus grand engagement des femmes au sein du syndicat, l’AEFO offre au fil des ans, divers types de formation en leadership. Conçus spécialement pour développer les talents de leader des femmes et les inciter à s’engager dans leur syndicat, leur milieu de travail et leur communauté, les stages de formation « Femmes d’action » sont offerts à divers endroits de la province, de 2006 à 2012.

femmes action 2010equipe animation session formation timmins 2007participantes formation ottawa janvier 2008

La déclaration des femmes

logo souper-causerie affirmation de soiparticipantes souper-causerie Cornwall octobre 2001La condition des femmes en éducation est l’un des trois thèmes à l’étude au Congrès 2002 de l’AEFO. Dans les mois qui précèdent ce congrès, l’AEFO invite les femmes, membres de l’Association, à participer à une réflexion sur des questions telles que le rôle des enseignantes dans la société ontarienne, l’éducation des filles, le réseautage des femmes, le harcèlement en milieu de travail, l’engagement syndical et le rôle du comité de consultation sur la condition des femmes en éducation de l’AEFO.

Au terme de cette réflexion et des discussions qui ont lieu au Congrès 2002, l’AEFO adopte une ligne de conduite sur les droits des femmes membres de l’AEFO, ainsi que la Déclaration des femmes de l’AEFO, un texte qui résume l’engagement de l’AEFO pour améliorer la condition des femmes, celle de ses membres comme celle de l’ensemble des femmes.

Communications non stéréotypées

Le souci de reconnaître aux femmes une place égalitaire se confirme de façon évidente dans les communications écrites et verbales à l’AEFO. Décidément à l’avant-garde, l’AEFO adopte, dès 1980, une ligne de conduite sur la communication non stéréotypée, et en 1983, ses lignes directrices sur la féminisation du langage.

Depuis ce temps, l’AEFO s’assure que toutes ses communications et ses interventions soient non sexistes et non stéréotypées, tant par le choix et le traitement des sujets, que par l’utilisation d’un langage inclusif.

Ce mouvement vers la reconnaissance à part entière de tous ses membres, a conduit l’AEFO à changer son nom pour qu’il devienne, en 1985, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens.

Le plafond de verre

L’accès aux postes de direction

Un autre cheval de bataille pour le Comité de la femme en 1975 est celui de l’accès aux postes de direction. (Rappelons qu’à cette époque, et jusqu’en 1997, les directions et directions adjointes des écoles de langue française sont membres de l’AEFO.)

Bien que les femmes constituent depuis toujours la majorité du corps enseignant des écoles de langue française (et, au fil des ans, entre 66 % et 75 % des membres de l’AEFO), elles sont largement sous-représentées dans les postes de direction. Dans les années 1970, on met encore en doute la capacité des femmes d’être des leaders ou de faire de la discipline. Les hommes – ou même les femmes – accepteraient-elles l’autorité d’une femme?

Certains conseils scolaires n’annoncent pas les postes; les gestionnaires, pour la plupart des hommes, font les choix. Les femmes ont aussi du mal à être admises au programme de formation à la direction d’école, une exigence imposée par le ministère de l’Éducation à partir de 1969.

De nombreuses études réalisées par le Comité de la femme auprès des membres de l’AEFO démontrent aussi que les femmes identifient la nature même de l’emploi de direction d’école comme un obstacle. Aux prises avec une large part des obligations familiales, elles voient mal comment elles pourraient assumer des responsabilités accrues au travail.

Des interventions multiples

Sous l’impulsion de son Comité de la femme, l’AEFO agit donc sur plusieurs fronts. Elle diffuse auprès de ses membres des renseignements sur les postes de direction et sur les qualifications requises dans le but d’inciter les femmes à s’inscrire au programme de formation à la direction d’école. En août 1989 et 1990, elle offre aux femmes intéressées à se qualifier comme agentes de supervision un cours de préparation à l’examen pour l’obtention du brevet requis.

L’AEFO demande aussi la mise en place de programmes d’action positive en éducation, conformément aux directives émises par le gouvernement en 1973. Elle intervient auprès du ministère de l’Éducation et des conseils scolaires pour qu’ils mettent en place des politiques d’équité d’emploi en ce qui touche l’embauche et la promotion du personnel féminin. Dans des mémoires déposés à la Commission sur l’équité d’emploi (1992) et à la Commission royale sur l’éducation (1993), l’AEFO fait état des lacunes qui subsistent toujours en matière d’équité d’emploi pour les femmes et demande au ministère de l’Éducation d’agir pour corriger la situation.

Des résultats

Les statistiques compilées par le Comité de la femme en 1994 font état d’une amélioration de la situation. À l’été 1993, les femmes représentent 69 % des francophones inscrits au cours de formation à la direction d’école, comparativement à 18 % en 1979.

En 1993-1994, les femmes occupent 37 % des postes de direction d’école comparativement à 27 %, 10 ans plus tôt. Les femmes sont également beaucoup plus nombreuses à réussir l’examen pour le brevet d’agente ou d’agent de supervision.

L’AEFO n’est plus active dans ce dossier depuis 1997, année où le gouvernement a obligé les directions d’école à quitter le syndicat. Les directions et directions adjointes ne sont plus syndiquées, mais ont leur propre association professionnelle, l’Association des directions et directions adjointes des écoles franco-ontariennes (ADFO).

À bas la discrimination et les stéréotypes

Le Comité de la femme

comite femme aefo 1975L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies proclame 1975 Année internationale de la femme, consacrée à une action plus intensive pour promouvoir l’égalité entre l’homme et la femme et assurer la pleine intégration des femmes au processus de développement de la société.

Dès 1975, l’AEFO participe à ce tournant historique en confiant à un comité provincial le mandat de promouvoir au sein de l’Association les divers dossiers qui sont sources de préoccupations pour celles et ceux qui adhérent à une vision égalitaire des hommes et des femmes. Le Comité établit notamment un réseau de personnes contacts chargées de promouvoir les objectifs en matière d’égalité des femmes au sein des unités de l’AEFO.

atelier de la femme 5 novembre 1977Au fil des ans, le Comité de la femme a changé de nom. Il a notamment été appelé Comité de consultation sur la condition de la femme en éducation avant de porter son nom actuel de Comité de consultation sur le leadership féminin. Son objectif principal est de « conseiller le comité exécutif sur l’engagement syndical des femmes de l’AEFO, y compris de proposer des éléments d’activités et de programmes ».

L’égalité dans les conventions collectives

comite consultation condition femme 2008À partir de 1975, le Comité de la femme oriente le travail de l’AEFO dans plusieurs sphères d’activité. L’AEFO révise toutes les conventions collectives des enseignantes et des enseignants et se fixe des objectifs de négociation pour en éliminer les discriminations de toutes sortes. L’Association revendique des améliorations aux congés de maternité, adopte une ligne de conduite sur le travail à temps partiel, négocie des programmes d’équité salariale et organise des sessions d’information sur l’équité salariale à l’intention de ses membres.

La lutte contre le harcèlement

Le Comité de la femme élabore aussi les premières politiques pour contrer le harcèlement sexuel. Au fil des ans, l'AEFO se penche sur cette question à plusieurs reprises. Elle mène des sondages sur le harcèlement et l’intimidation auprès de ses membres et revendique des lieux de travail sains et libres de harcèlement. Depuis juin 2010, la Loi sur la santé et la sécurité au travail de l’Ontario oblige tous les employeurs à élaborer des politiques pour contrer la violence, l’intimidation et le harcèlement.

Dans les années 2000, l’AEFO appuie de façon soutenue le travail du Centre ontarien de prévention des agressions (COPA) pour contrer l’intimidation et le harcèlement en milieu scolaire. L’AEFO aide l’organisme naissant à obtenir un appui financier du ministère de l’Éducation pour développer des programmes à l’intention des écoles de langue française, et même plus tard de langue anglaise. En partenariat avec le COPA, le syndicat offre à ses membres une formation sur le harcèlement spécialement conçue pour les enseignantes et les enseignants.

L’image de la femme dans les manuels scolaires

L’une des principales préoccupations du Comité de la femme est de dénoncer les stéréotypes contenus dans les manuels scolaires dans lesquels l’image de la femme est généralement associée à des rôles sociaux traditionnels qui ne collent plus à la réalité.

Le Comité considère que l’image de la femme véhiculée dans ces manuels contribue à reproduire chez les élèves une conception de subordination des rapports sociaux entre les deux sexes. Il fait d’importantes recommandations pour s’assurer que ce contenu soit épuré et que les manuels scolaires projettent une image plus respectueuse et surtout plus réaliste de la femme moderne.

Le Comité intervient auprès de divers ministères et organismes pour réduire les stéréotypes dans les sports et promouvoir l’étude des sciences, des mathématiques, de la technologie et de l’informatique chez les filles.

Selon un sondage réalisé par le Comité de la femme en 1977, 81 % des femmes membres de l’AEFO sont d’avis que les manuels scolaires véhiculent une image traditionnelle du rôle de la femme. Le sondage est également révélateur de l’attitude des femmes à l’égard des postes d’autorité.
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Des modèles accessibles

femmes de visionToujours sous l’impulsion du Comité de la femme, l’AEFO produit, en 1990, le projet « Femmes de vision » qui a pour objectif de mettre en valeur l’apport exceptionnel de 63 Franco-Ontariennes à diverses sphères d’activité et de les proposer comme des modèles accessibles aux jeunes de l’époque.

En 2007, le Comité de consultation sur la condition de la femme en éducation (nouveau nom du Comité de la femme) relance le projet. L’AEFO fait une mise à jour des fiches biographiques dont le nombre passe à 70 et inclut le profil de plusieurs Franco-Ontariennes issues des communautés ethnoculturelles. Les fiches biographiques « Femmes de vision »  sont disponibles sur le site Web de l’AEFO.

La promotion des emplois non traditionnels

Au début des années 2000, l’AEFO s’associe à l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa pour mener le projet « Qui sont-elles? » qui vise à faire la promotion des carrières non traditionnelles auprès des filles.

L’AEFO développe une série de guides pédagogiques pour les classes de la 1re à la 12année et en fait la promotion auprès de ses membres.

Les congés de maternité

Cachez ce ventre!

C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais dans les années 1950, la plupart des conseils scolaires obligent les femmes à démissionner dès qu’elles sont enceintes. Ceux qui permettent aux femmes enceintes de continuer à travailler, les obligent à quitter dès que leur grossesse devient apparente. Non seulement considère-t-on comme scandaleuse la présence d’une enseignante enceinte dans une salle de classe, on estime aussi trop dangereux pour une femme de continuer à travailler dans sa « situation délicate ».

La notion d’un congé de maternité n’existe pas. Comme les hommes, les femmes peuvent s’absenter du travail jusqu’à 20 jours pour des raisons de maladie ou de « troubles dentaires ». Mais la grossesse ne constitue pas un motif valable.

Les femmes avec des enfants qui souhaitent revenir au travail font également face à de nombreux obstacles. Un gestionnaire – majoritairement des hommes - qui estime que la place d’une mère est à la maison peut bloquer son retour au travail. Les femmes qui réussissent à se faire réembaucher se trouvent au bas de l’échelle salariale ou se font offrir des postes à temps partiel avec peu de chance d’accéder à un poste à temps plein.

Une entente avant-gardiste

En 1957, l’AEFO réalise donc un gain d’importance pour les enseignantes en négociant, avec l’Association des commissaires des écoles bilingues de l’Ontario (ACEBO), une entente (lien 4.1.3) qui institue des congés de maternité. Il s’agit pour l’époque d’une entente très novatrice, même si elle ne comporte aucune clause de rémunération pendant le congé. L’entente prévoit toutefois qu’une femme peut revenir au travail après un congé d’une durée maximum de deux ans. Elle n’est plus tenue de démissionner.

Les dispositions de l’entente sur les congés de maternité font l’objet d’un article préparé conjointement par l’AEFO et l’ACEBO et publié dans la revue de l’AEFO, L’École ontarienne, en 1962.

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Il faudra attendre en décembre 1970 pour que le gouvernement provincial adopte la Loi sur l’égalité des chances pour les femmes. Cette loi oblige les employeurs à accorder un congé de maternité de 17 semaines et interdit toute discrimination basée sur le sexe ou le statut matrimonial en ce qui touche l’embauche, le congédiement, la formation et la promotion. En dépit de ces garanties législatives, l’AEFO doit continuer de défendre les enseignantes face à des conseils scolaires qui tentent de contourner la loi, et ce pendant plusieurs années.

Depuis 1970, de nombreuses améliorations ont été apportées aux congés de maternité. Aujourd’hui, par exemple, une enseignante en congé de maternité continue d’accumuler de l’expérience aux fins de la sécurité d’emploi, de l’ancienneté et de l’expérience à des fins salariales.

L’enseignante a également droit à des prestations supplémentaires d’assurance-emploi (PSAE) qui lui permettent de toucher entre 70 % et 95 % de son salaire pendant une période allant jusqu’à 17 semaines.

Un nouveau gain d’importance a été négocié en 2013, soit huit semaines à 100 % de leur salaire pour les enseignantes suppléantes qui commencent un congé de maternité pendant une affectation de suppléance à long terme. De plus, les nouvelles dispositions relatives aux congés de maladie contenues dans les conventions collectives de 2012 protègent davantage les enseignantes pour qui la grossesse ou l'accouchement entraîne des complications médicales.

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