Les défis de l’heure

Intervenir au nom des membres

Au fil des ans, la nature du travail de l’AEFO en matière de pédagogie a évolué. Aujourd’hui, le rôle du syndicat est surtout d’assurer que la mise en œuvre de nouvelles politiques et pratiques pédagogiques respecte l’autonomie professionnelle des enseignantes et des enseignants, n’augmente pas indûment leur charge de travail et soit conforme aux dispositions des conventions collectives. L’AEFO revendique régulièrement des changements de nature pédagogique pour alléger la tâche de ses membres, tels que, ces dernières années, la réduction du nombre de bulletins scolaires et les changements à la période d’accueil des élèves.

L’apprentissage au 21e siècle

Dans une société où l’information est omniprésente, où tout bouge et change rapidement, le rôle du personnel enseignant est appelé à être redéfini. De détenteur de connaissances à transmettre, le personnel enseignant devient plutôt un médiateur, un guide de l’élève dans sa recherche de connaissances.   L’AEFO prend part actuellement à des discussions provinciales sur l’apprentissage au 21e siècle qui sont annonciatrices de changements à venir dans les prochaines années.

Un nouveau rôle pour l’AEFO

La sauvegarde de l’autonomie professionnelle

La création de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario en 1996 et des conseils scolaires de langue française en 1997, amène l’AEFO à jouer un nouveau rôle sur le plan pédagogique. Face à ces deux organismes qui ont des responsabilités en matière de formation des enseignantes et des enseignants, la principale préoccupation de l’AEFO est de sauvegarder l’autonomie professionnelle de ses membres.

session formation toronto mars 2009En 2001, l’AEFO s’objecte vigoureusement à la décision de l’Ordre de mettre en place un programme de renouvellement périodique de la certification des enseignantes et des enseignants, conformément à une loi que vient d’adopter le gouvernement conservateur de Mike Harris. En vertu de ce programme, les enseignantes et les enseignants doivent obligatoirement suivre 14 cours tous les cinq ans, sous peine de perdre leur brevet d’enseignement. L’Ordre impose même certains types de formation. L’AEFO y voit une atteinte profonde à l’autonomie professionnelle de ses membres, qui, selon elle, doivent être les premiers responsables de leur formation continue. L’AEFO organise un boycottage temporaire du programme de certification et incite ses membres à continuer de se perfectionner selon leurs besoins. Peu après son arrivée au pouvoir en 2003, le gouvernement libéral de Dalton McGuinty met fin au programme.

foire partage du savoir toronto novembre 2009Des membres de l’AEFO échangent de bonnes idées à la foire Partage du savoir à Toronto, en novembre 2009. Cette foire annuelle s’inscrit dans le Programme d’apprentissage et de leadership du personnel enseignant (PALPE) qui, depuis 2007, permet aux enseignantes et enseignants de recevoir une aide financière du ministère de l’Éducation pour mettre en œuvre un projet pédagogique de leur choix. L’AEFO est partenaire de ce projet qui renforce l’autonomie professionnelle des enseignantes et des enseignants.

En mai 2005, l’AEFO mène une enquête provinciale auprès de ses membres pour connaître leurs besoins en matière de ressources pédagogiques. L’information recueillie permet à l’AEFO d’intervenir auprès du ministère de l’Éducation au nom de ses membres.

Un appui financier à la formation

Afin d’appuyer la formation continue de ses membres dans le respect de leur autonomie professionnelle, l’AEFO négocie, dans les conventions collectives 2008-2012, une enveloppe budgétaire permettant à chaque membre du personnel enseignant de réclamer jusqu’à 1 000 $ pour des cours et activités de perfectionnement professionnel de son choix. L’AEFO obtient aussi une allocation du même genre pour le personnel professionnel et de soutien qu’elle représente. Ces allocations sont maintenues dans les conventions collectives 2012-2014, aidant ainsi les membres à poursuivre leur formation en dépit du gel salarial de deux ans imposé par le gouvernement.

logo fonds francine-morissetteGrâce à un Fonds créé en 1999 par l’enseignante Francine Morissette à la mémoire de sa fille, France Richard, jeune enseignante décédée prématurément, l’AEFO offre chaque année des bourses pour soutenir le perfectionnement professionnel de ses membres, ainsi que leur participation à des projets de formation à l’international. Mme Morissette a cédé le Fonds à l’AEFO en 2010.

Le perfectionnement professionnel

La course aux diplômes

extrait entre nous mai 1974Au moment de la fondation de l’AEFO en 1939, l’École normale de l’Université d’Ottawa existe depuis une douzaine d’années. Si plusieurs enseignantes et enseignants des écoles de langue française sont diplômés de ce programme de formation postsecondaire d’un an, bon nombre n’ont pas de qualifications en enseignement. Le problème est exacerbé par le fait que le ministère de l’Éducation n’impose pas aux francophones des conditions d’entrée à l’École normale aussi sévères qu’aux anglophones et qu’il émet régulièrement des « lettres de permission » à des personnes non qualifiées pour pallier la pénurie de personnel enseignant.

Pour l’AEFO, l’avancement professionnel de ses membres constitue un enjeu de première importance pour l’avenir de l’éducation de langue française. L’Association est d’avis que l’accroissement des qualifications professionnelles des enseignantes et des enseignants francophones rehausse leur statut dans la société. De plus, il augmente la légitimité des écoles françaises en mettant sur un pied d’égalité les enseignantes et les enseignants franco-ontariens avec leurs homologues anglophones et dément la croyance populaire voulant que les écoles françaises offrent un enseignement inférieur à celui des écoles de langue anglaise.

cours ete 1958En 1959, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario préconise une échelle de salaires basée sur un système de points accordés en proportion des qualifications. Les qualifications ne sont plus seulement une question de compétence; elles sont déterminantes pour le salaire.

L’AEFO entreprend donc des démarches pour inciter le Ministère à abolir la formule selon laquelle trois cours d’été consécutifs suffisent pour se qualifier. Elle souhaite que cette formule ne soit tolérée que pour les enseignantes et les enseignants qui font carrière depuis longtemps et pour qui il est impensable de retourner sur les bancs d’école. Pour les aspirantes et aspirants à la profession, la seule voie acceptable doit être l’École normale, avec les mêmes conditions d’admission que pour les anglophones.

Extrait du discours de la présidente de l’AEFO, Marie Duhaime, au congrès de 1961.
« Il est grand temps que notre Association considère comme persécution sourde ce que certains groupements francophones tiennent pour des faveurs, c’est-à-dire accepter des qualifications moindres pour notre groupe ethnique. »

membres aefo stage quebec 1988Avec les années 1960, s’ouvre donc une grande « course aux diplômes ». L’AEFO, avec l’aide d’autres organisations éducatives franco-ontariennes, utilise tous les moyens dont elle dispose pour inciter ses membres à poursuivre leurs études ou à se perfectionner. Les unités régionales de l’AEFO sont chargées de mettre sur pied un comité d’avancement professionnel pour promouvoir des cours de perfectionnement.
Un grand nombre d’enseignantes et d’enseignants consacrent une partie de leurs vacances estivales à la formation professionnelle, comme en témoigne cette photo de groupe prise sur les marches de l’École normale d’Ottawa, en 1958.

L’AEFO revendique éventuellement auprès du ministère de l’Éducation que le programme de l’École normale soit de deux ans et demi, qu’il satisfasse aux mêmes exigences qu’un cours préuniversitaire et que les octrois soient versés aux conseils scolaires en fonction de la compétence des enseignantes et des enseignants.

Cette « course aux diplômes » est solidement empreinte de considérations politiques selon lesquelles la reconnaissance de certaines revendications comme la création d’écoles secondaires de langue française passe par le rehaussement professionnel du corps enseignant francophone.

Les colloques provinciaux

colloque situation francais cornwall 1956 aÀ compter de 1953, l’AEFO organise – et c’est la grande réussite de cette période – un colloque annuel qui devient la manifestation pédagogique et culturelle de l’année, et qui témoigne du sérieux et de la vigilance avec lesquels l’Association envisage ses responsabilités professionnelles et sociales.

La question de la transmission de la culture et de langue françaises est au cœur des colloques. Par exemple, le colloque de 1963 sur « Les langues d’enseignement » a joué un rôle certain dans la francisation du système scolaire. Parmi les autres thèmes abordés lors des colloques, notons « La situation du français dans la province de l’Ontario » (1956), « La langue parlée : bastion de la survivance » (1964) et « L’école franco-ontarienne de demain » (1966), ou encore celui du premier colloque en 1953 « Éducation pour des fins culturelles ou utilitaires », et du dernier en 1977, « Les arts d’expression chez les élèves franco-ontariens ».

colloque situation francais cornwall 1956 bCes rencontres, qui ont regroupé des milliers d’éducatrices et d’éducateurs, ont apporté une contribution importante à la réflexion sur la langue et la culture françaises dans le contexte de l’enseignement.

La fin des colloques provinciaux en 1977 reflète le changement de cap de l’AEFO qui, tout en continuant de se préoccuper de questions pédagogiques, s’investit davantage dans le travail de représentation et de défense de ses membres.

Un article du journal LeDroit rend compte du 6e colloque de l’AEFO, sur le thème « Civisme et éducation », tenu à Hawkesbury, en février 1958.

Les qualifications en enseignement religieux

L’enseignement religieux dans les écoles de langue française est un autre enjeu auquel s’est intéressée l’AEFO. Au début des années 1970, l’AEFO tente de faire approuver par le ministère de l’Éducation un nouveau programme de catéchèse couvrant tous les niveaux, y compris celui de l’École normale afin d’assurer la formation de personnel qualifié dans cette matière. Rappelons qu’à cette époque, la communauté franco-ontarienne tente de faire étendre les garanties concernant l’enseignement religieux aux écoles secondaires publiques nouvellement créées.

L’AEFO travaille de concert avec l’Ontario English Catholic Teachers’ Association pour faire reconnaître, par des crédits, les cours d’éducation religieuse au secondaire. Elle obtient que les Écoles normales de l’Université d’Ottawa et de l’Université Laurentienne de Sudbury créditent les cours d’éducation religieuse que suivent les étudiantes et étudiants en formation initiale.

En 1978, l’AEFO est accréditée par le ministère de l’Éducation de l’Ontario comme fournisseur de cours de qualifications additionnelles en enseignement religieux. Grâce à cette accréditation, les enseignantes et enseignants qui suivent ces cours peuvent désormais les faire reconnaître aux fins de qualifications et de salaire.

Pendant 32 ans, l’AEFO, en partenariat avec ce qui est aujourd’hui l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) et l’Office provincial de l’éducation de la foi catholique de l’Ontario (OPECO), assume la responsabilité de coordonner les cours de qualifications additionnelles en enseignement religieux dont les conseils scolaires catholiques font une condition d’emploi. Entre autres, l’AEFO recrute des formatrices et formateurs et émet les attestations requises pour l’évaluation. Dès que la technologie le permet, l’AEFO s’assure aussi que les cours soient offerts à distance ou en ligne.

En 2010, l’AEFO transfère cette responsabilité au Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP).

Les méthodes d’enseignement

L’audiovisuel

projet de la salleDans les années 1950, l’AEFO s’intéresse à l’utilisation du matériel audiovisuel à des fins d’enseignement. Les vertus du gramophone, puis de la télévision pour appuyer l’enseignement sont étudiées et discutées régulièrement dans les pages de L’École ontarienne. Les auteures et auteurs d’articles sur la question s’inspirent de l’expérience des États-Unis et d’écoles à Montréal et à Toronto, pour faire la promotion du matériel audiovisuel comme outil d’apprentissage et encouragent les enseignantes et les enseignants à l’utiliser dans leur salle de classe.

Le matériel audiovisuel est notamment perçu comme un moyen d’améliorer la qualité de la langue parlée des élèves, surtout ceux qui vivent dans un milieu plus anglophone et qui n’ont guère d’occasions d’entendre ou de parler le français à l’extérieur de la maison ou de l’école. Le matériel audiovisuel est également utilisé pour l’apprentissage de l’anglais comme langue seconde.

Dans les années 1960, l’AEFO met sur pied un comité de l’audiovisuel qui sera très actif notamment pour obtenir des subventions gouvernementales afin d’équiper les écoles et d’acheter des films français. Elle continue de s’intéresser aux nouvelles méthodes d’enseignement et d’apprentissage qu’entraîne l’arrivée des premiers ordinateurs dans les salles de classe au milieu des années 1980.

Naissance de TFO

La création, en 1986, de La Chaîne de la télévision éducative de langue française de l’Ontario, un service jusque-là dépendant de TVOntario, élargit l’accès des enseignantes et des enseignants à des ressources audiovisuelles conçues tout particulièrement pour les écoles de langue française.La Chaîne est rebaptisée TFO en 1995.

tfo logoEn 2006, le gouvernement libéral de Dalton McGuinty accorde à TFO son autonomie complète, c’est-à-dire son propre conseil d’administration, ainsi qu’un personnel et des locaux bien à elle. Le gouvernement répond ainsi aux revendications de la communauté franco-ontarienne. C’est d’ailleurs l’AEFO qui a piloté, pendant plusieurs années, le travail du Groupe d’intervention pour la télévision éducative de langue française (GITE), un regroupement d’organismes franco-ontariens qui milite en faveur de l’autonomie de TFO. L’AEFO a coordonné cette coalition et en a été le porte-parole, intervenant à plusieurs reprises auprès des instances gouvernementales.

TFO (maintenant Groupe médias TFO), dispose aujourd’hui de studios ultra modernes en plein cœur de Toronto. Elle produit une panoplie d’émissions et d’outils Web à caractère pédagogique, ainsi que des contenus pour grand public. Son signal est diffusé partout en Ontario, ainsi qu’au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et au Québec.

L’approche culturelle de l’enseignement

manuel septembre octobre 1962Au début des années 2000, l’AEFO constate que les enseignantes et les enseignants sont largement laissés à eux-mêmes pour s’acquitter de l’énorme tâche que constituent la valorisation et la transmission de la langue et de la culture françaises à l’école. Les attentes sont élevées, mais le personnel enseignant reçoit peu de formation et dispose de peu d’outils. L’AEFO s’associe donc à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et au Centre canadien de leadership en évaluation (CLÉ), pour lancer, en 2003, le Projet Pédagogie culturelle (aujourd’hui Leadership et pédagogie culturels). Ce projet, sous la direction de l’enseignante Lise Paiement, vise à offrir aux enseignantes et aux enseignants une formation qui leur permette de mieux accompagner leurs élèves dans leur construction identitaire et de surmonter certains des défis particuliers à l’enseignement en milieu minoritaire.

L’initiative tombe pile puisque, au même moment, le ministère de l’Éducation de l’Ontario prépare sa Politique d’aménagement linguistique, dont l’objectif est de faire des écoles de langue française des lieux qui assurent pleinement la protection, la valorisation et la transmission de la langue et de la culture françaises en milieu minoritaire. Cette Politique sera adoptée en 2004.

À ses débuts, le Projet Pédagogie culturelle offre, avec le soutien financier du ministère de l’Éducation, quelques stages de formation par année à des groupes d’enseignantes et d’enseignants de l’élémentaire, ainsi qu’aux étudiantes et étudiants des deux écoles de formation à l’enseignement des universités d’Ottawa et Laurentienne de Sudbury.

stage formation region est automne 2005Au fil des ans, le projet continue d’évoluer. On développe une formation à l’intention du personnel enseignant du secondaire, ainsi que des formations sur mesure pour divers groupes. De nouveaux partenaires s’ajoutent, notamment l’Association des directions et directions adjointes des écoles franco-ontariennes (ADFO), l’Association des gestionnaires de l’éducation franco-ontarienne (AGEFO) et TFO. Les conseils scolaires jouent un rôle plus actif. Le Projet développe de nombreux outils, ainsi qu’un site Web, pour appuyer le travail des enseignantes et des enseignants.

En 2013-2014, l’AEFO encadre toujours l’équipe enseignante qui coordonne le projet et gère la subvention du ministère de l’Éducation qui le finance. La formation, désormais fondée sur l’approche culturelle de l’enseignement, s’offre à l’ensemble du personnel enseignant, tant à l’élémentaire qu’au secondaire, ainsi qu’aux directions d’école et aux gestionnaires des conseils scolaires de langue française. Le projet a aussi une portée nationale, la formation étant régulièrement offerte dans d’autres provinces.

coordonnatrices projet leadership 2011Bien que les préoccupations pédagogiques occupent aujourd’hui moins de place dans le travail de l’AEFO que pendant les premières décennies de l’Association, le projet Leadership et pédagogie culturels illustre le rôle de leadership que le syndicat continue de jouer dans ce domaine, toujours dans le but d’appuyer ses membres.

Les ressources pédagogiques

L’École ontarienne

annuaire ecole ontarienne 1957-58Le désir de créer une revue pédagogique est à l’origine même de la fondation de l’AEFO qui en fait son tout premier objectif. À l’époque, le personnel enseignant est peu formé et les outils pédagogiques à peu près inexistants. La nouvelle association consacre ses premières réunions presque exclusivement au projet de la revue. C’est finalement en décembre 1943 que paraît le premier numéro de l’École ontarienne. « Confiant dans la Providence, nous croyons en l’avenir de l’École ontarienne », déclare alors Adélard Gascon, président de l’Association, dans la préface de cette première parution.

En plus de publier des plans de leçons et des suggestions d’activités à réaliser en classe, la revue permet à l’AEFO de sonder ses membres avant de se prononcer sur des questions pédagogiques. C’est ainsi qu’elle recherche l’avis des membres sur des questions telles que l’uniformisation du bulletin scolaire ou une méthode d’enseignement d’une matière. À la lumière de ces sondages, l’AEFO confie à une ou un pédagogue la responsabilité de rédiger un outil pédagogique ou un document, qui est ensuite produit et distribué, souvent aux frais de l’Association.

extrait en bref 1980Le dernier numéro de l’École ontarienne paraît en novembre 1972. La revue est alors fusionnée avec le bulletin Entre Nous, que l’AEFO avait commencé à publier en 1969. Reflet d’une autre époque, Entre Nous dispose d’un caractère plus militant qui défend la cause syndicale, s’intéresse aux aspects plus professionnels du métier, se fait plus critique envers la pédagogie traditionnelle et revendique haut et fort l’ouverture d’écoles secondaires de langue française et la création de conseils scolaires francophones autonomes.

À partir de 1976, l’AEFO publie le bulletin En Bref qui tient ses membres au courant des nouvelles et des événements concernant ses activités. L’Entre nous et ensuite Réseau (de 1992 à 1997) se concentrent alors à publier des articles de fond, tant sur la pédagogie que sur les activités de l’Association.

Aujourd’hui, l’AEFO produit trois outils d’information, En Bref, Infofax et Le Point, dans lesquels les renseignements et préoccupations de nature pédagogique occupent une place limitée, reflétant la vocation davantage syndicale que professionnelle de l’AEFO de 2014.

Les manuels scolaires

manuel scolaire etudes sociales 1956-57Malgré l’abrogation du Règlement XVII en 1927, la préoccupation majeure du gouvernement provincial demeure l’apprentissage de l’anglais pour les enfants qui fréquentent les écoles de langue française. De façon générale, les écoles françaises souffrent d’un manque flagrant de matériel d’apprentissage. Les manuels en provenance du Québec et de la France ne sont pas autorisés par le ministère de l’Éducation de l’Ontario. Seuls les manuels en anglais, ou une traduction fidèle imprimée à Toronto, sont approuvés.

Au secondaire, où les élèves francophones fréquentent des écoles bilingues, la seule matière enseignée en français est le français. Néanmoins, le ministère de l’Éducation tolère que les cours d’histoire soient enseignés en français si une demande est formulée par le principal de l’école et si le manuel utilisé est une traduction fidèle de l’anglais. 

Au début des années 1960, l’AEFO s’attaque à la question des manuels scolaires. Le congrès de 1961 décide de consacrer 2 % du budget de l’Association à l’amélioration des manuels et de revendiquer auprès du Ministère des subventions pour l’achat de manuels en français susceptibles de remplacer les textes préparés bénévolement par les enseignantes et les enseignants.

creation liste anglicismes 1960En 1972, l’AEFO établit la Caisse pédagogique, un fonds qui permet à ses membres de bénéficier d’une aide financière substantielle pour le développement d’outils pédagogiques. Entre 1972 et 1983, plus de 200 documents sont élaborés et publiés avec le soutien et l’appui financier de l’AEFO. Les plus connus sont les 37 monographies de la collection « PRO-F-ONT », une série qui fait connaître aux élèves l’histoire de leur coin de province et qui a inspiré la série d’émissions de télévision Villages et visages, diffusée par TFO en 1975 et reprise en 2007.

Trois religieuses des Sœurs grises de la Croix qui ont constitué la liste des anglicismes dans le vocabulaire des élèves franco-ontariens, avec deux représentants de l’AEFO, mai 1960

En 1996, l’AEFO publie à l’intention des parents francophones « L’alphabétisme pour la vie », un guide pour promouvoir la lecture chez les enfants.

Naissance du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques

En 1973, grâce au leadership de son directeur des services pédagogiques, Jean-Paul Habel, l’AEFO invite plusieurs organismes à une rencontre pour discuter de la pénurie de ressources pédagogiques dans les écoles de langue française. Le comité provisoire qui en découle crée, en janvier 1974, le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP). À ses débuts, le CFORP se charge de publier les documents préparés par les membres de l’AEFO.

Comptant aujourd’hui une centaine d’employées et d’employés et quelque 500 contractuelles et contractuels, le CFORP est devenu une maison d’édition qui offre une brochette diversifiée de services et qui crée du matériel pédagogique adapté à la réalité des élèves franco-ontariens. La Librairie du Centre, fondée en 1992, compte des succursales à Ottawa et Sudbury, et distribue les produits du CFORP et ceux d’autres maisons d’édition partout au Canada.

Le CFORP est un des grands succès du monde de l’éducation franco-ontarienne. L’AEFO a pleinement participé à sa création et siège toujours à son conseil d’administration.

Réseau Échange

reseau echange nouveau logoEn 2008, l’AEFO crée le Réseau Échange, un site Web réservé à ses membres et qui leur permet de mettre en commun des outils pédagogiques de toutes sortes : planifications, plans de leçons, activités à réaliser en classe, évaluations et examens, etc. L’objectif premier de cette initiative est d’alléger la tâche des membres en leur donnant accès aux ressources que veulent bien partager leurs collègues. En 2013, le Réseau Échange a fait peau neuve se dotant du même coup d'un outil de recherche plus efficace pour naviguer parmi les quelque 2 800 ressources disponibles.

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